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Augmentation mammaire par injection de graisse (lipofilling des seins): que faut-il savoir?

Augmentation mammaire par injection de graisseUne alternative aux implants mammaires est l’augmentation des seins par injection de graisse autologue, c’est à dire par l’injection de la propre graisse de la patiente. Cette technique chirurgicale que l’on doit au Docteur S. Coleman, appelée lipomodelage, lipostructure ou lipofilling, est une intervention fiable, bénéficiant des progrès chirurgicaux considérables en matière de transferts graisseux. L’augmentation des seins par graisse autologue permet une amélioration et un resculptage de la poitrine de la patiente, sans risque de rejet.

En  novembre 2011, La  Société Française de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique a autorisé cette technique avec toutefois des recommandations.

Elle conseille la prudence car, à l’heure actuelle, aucune étude à long terme sur cette technique n’a écarté le risque du développement du cancer du sein. En effet, nous ne savons pas si la greffe de cellule graisseuse est susceptible d’apporter des facteurs de croissance et être un facteur favorisant ou précipitant la survenue d’un cancer du sein ou si elle n’entrave pas la surveillance (clinique et) radiologique de la poitrine.

Les recommandations de la société concernent :

  • La reconstruction mammaire : la société autorise cette technique après une mastectomie totale (ablation totale du sein) et non dans le cadre d’une tumorectomie (ablation partielle) car dans ce cas le risque de rechute locale est théoriquement important.
  • La chirurgie  esthétique d’augmentation : limitée arbitrairement chez des femmes sans risque de cancer du sein (ACR1 ou 2) de moins de 35 ans, sans antécédents personnel ou familial de cancer du sein, et après bilan radiologique mammaire négatif (mammographie et échographie).

Ces autorisations font actuellement l’objet d’une surveillance par l’ensemble du corps chirurgical afin de valider cette technique.

Les conditions requises et idéales

L’augmentation des seins par graisse autologue est une intervention chirurgicale destinée aux patientes souhaitant :

  • Une augmentation mammaire modérée (habituellement un ou deux bonnets)
  • Un remodelage de la forme des seins, la correction d’une asymétrie, une amélioration du résultat (contours devant être plus adoucis, plus naturels) dans le cadre d’une reconstruction mammaire ou suite à une pose d’implants.

Les limites de l’augmentation des seins par injection de graisse

  • Pour les patientes souhaitant une augmentation mammaire importante, le chirurgien esthétique préconise plutôt qu’un lipofilling une augmentation par prothèses (anatomiques ou rondes).
  • Les patientes très minces, n’ayant qu’une très faible quantité de graisse disponible sur le corps se dirigeront plutôt vers une augmentation par implants seuls ou, si cela est possible, par implants associés à une injection de graisse. Le lipofilling pourra alors parfaire une augmentation mammaire par prothèse et apporter un résultat plus harmonieux et plus naturel.
  • Une résorption systématique d’une partie de la graisse injectée:

La graisse réinjectée dans les seins est constituée de cellules vivantes qui ont survécu à la transplantation d’une zone du corps à une autre. Les premières semaines suivant l’intervention, il est fort probable que les seins perdent un peu en volume mais ce phénomène est classique et habituel, car 10 à 15% de la graisse réinjectée ne perdure pas. Une autre intervention en complément peut éventuellement être envisagée.

A savoir : plus la quantité de graisse injectée sera importante, moins la « prise de greffe » sera importante ;  c’est au chirurgien esthétique, avec son expérience, de juger sur la quantité injectée. En règle général, il évitera de dépasser 200-250cc de graisse par sein pour une bonne prise de greffe.

A savoir : les cellules graisseuses réinjectées dans les seins sont vivantes et poursuivent leur activité. Elles ont une mémoire génétique: ainsi, en cas de prise de poids générale de la patiente, les seins augmenteront en volume. Inversement, en cas de perte de poids général de la patiente, on pourra observer une légère perte volumétrique des seins.

Les avantages 

  •  L’injection de graisse étant autologue, il n’y a aucun risque de rejet (car c’est la propre graisse de la patiente qui est injectée), contrairement à un implant qui peut être le siège (dans de rares cas) d’une mauvaise acceptation par l’organisme (coque). Par ailleurs, il n’y a aucun risque potentiel de rupture.
  • L’aspect du sein et sa palpation sont très naturels en raison de la consistance molle de la graisse.
  •  L’injection de graisse peut s’associer ou faire suite à une augmentation mammaire par implants en cas d’imperfections de résultats. Effectivement, une lipostructure peut corriger une asymétrie, une dépression dans un sein, un galbe insatisfaisant…
  • Il n’y a non plus aucune contre-indication pour une grossesse et un allaitement ultérieur.
  • Dans une certains mesure, amélioration esthétique des zones où la graisse a été prelevée

La procédure d’un lipofilling des seins

  • Deux consultations avec le chirurgien esthétique sont nécessaires afin d’évaluer les motivations de la patiente, son état de santé et déterminer des éventuelles contre-indications au lipofiling des seins.

Le chirurgien procède à un examen des corrections à effectuer, et à une étude photographique afin de déterminer conjointement avec la patiente la technique la mieux adaptée à ses souhaits.

  • Un bilan pré-opératoire est effectué selon les prescriptions du chirurgien.
  • L’anesthésie générale est habituelle. Une consultation avec le médecin anesthésiste doit être effectuée au minimum 48 heures avant l’intervention.
  • L’hospitalisation s’effectue le plus souvent en ambulatoire c’est à dire entrée et sortie le jour même de l’intervention, ou le lendemain pour les interventions plus conséquentes.
Graisse centrifugée et purifiée prête pour etre injectée pour une augmentation mammaire

Graisse centrifugée et purifiée prête pour etre injectée par travées pour une augmentation mammaire

Le chirurgien plasticien prélève la graisse sur les diverses zones déterminées avant l’intervention par une technique atraumatique de liposuccion ou lipoaspiration. Les amas graisseux sur les parties du corps choisies sont prélevés grâce à des micro canules à bouts arrondis, introduites dans les zones graisseuses par de très fines incisions. La puissance d’aspiration est modérée, pour favoriser un résultat le plus esthétique possible. Puis, le chirurgien procède à une purification et à un nettoyage de la graisse prélevée selon un procédé spécifique: cette centrifugation permet de séparer les cellules graisseuses intactes et greffables des éléments non-greffables.

Les micro particules de graisse ainsi traitées sont ensuite réinjectées dans les seins, avec une technique précise (micro-travées régulières) permettant une implantation homogène. Le but pour le chirurgien plasticien est de procéder à l’injection en cherchant la surface de contact maximale entre les cellules graisseuses greffées et les tissus (glandulaires et graisseux) receveurs, de façon à favoriser au maximum la survie des cellules adipeuses implantées (la prise de greffe se faisant par imbibition initiale puis par revascularisation).

Les suites

  • La reprise d’une activité normale peut s’effectuer au bout de quelques jours seulement.
  •  Les suites sont en général peu douloureuses et si la patiente présente quelques inconforts, la prise d’antalgiques habituels peut être prescrite.
  •  La reprise d’activité sportive peut se concevoir après 2 ou 3 semaines, selon l’état de santé de la patiente et selon la quantité de graisse ôtée et réinjectée.
  •   Oedèmes (gonflements) et ecchymoses (bleus)  peuvent survenir mais se résorbent spontanément au bout de quelques semaines.
  •  L’exposition de la poitrine au soleil est proscrite le premier mois  afin d’éviter une pigmentation peu esthétique.
  •   Un suivi régulier avec le chirurgien plasticien est assuré.
  •  La patiente opérée doit également bénéficier d’un suivi radiologique annuel.

Les complications et risques

Faute de connaissance sur le long terme (sur le risque carcinologique et sur la surveillance mammographique), on peut dire qu’à court terme, une lipostructure de qualité n’entraine généralement aucune complication, si les indications sont bien posées, que le geste chirurgical est rigoureux, avec une liposuccion réalisée avec des fines canules mousses respectant la peau, les vaisseaux et les nerfs.

Les infections sont prévenues par une antibiothérapie per et post-opératoire.

Les consultations pré-opératoires avec le chirurgien plasticien et le médecin anesthésiste ont pour but d’écarter tout risque et toute complication après une lipostructure. Cependant, même une intervention simple possède toujours une part minime d’aléas.

Les éventuelles risques et complications rapportées peuvent être:

  • une hyper correction avec un excès de volume (le traitement sera alors une lipoaspiration),
  • au contraire, un résultat d’augmentation mammaire insuffisant. Une prise partielle de la graisse peut être variable selon les cas et être à l’origine d’un manque de volume, d’une asymétrie résiduelle, d’une formation de kystes et de calcifications (cytostéatonécrose en raison de la réaction du corps suite à la nécrose de la graisse) pouvant rendre nécessaire une réintervention.
  • une gêne (en cours d’évaluation) pour le dépistage et la surveillance radiologique du cancer du sein (pouvant necessiter pour différencier certaines lésions douteuses un radiologue spécialisé, une IRM mammaire au moindre doute…),
  • une augmentation de volume de plus de 2 bonnets qui sera difficile en une seule séance…, alors les nouvelles prothèses mammaires en gel de silicone cohésif permettent en moins d’une heure d’apporter, de manière fiable, le volume souhaité, de procurer des formes naturelles par le choix des profils variables et d’être maintenant très bien tolérées.

Existe t-il une prise en charge par la sécurité sociale?

L’intervention d’augmentation mammaire par lipofiling étant un acte chirurgical à visée purement esthétique, les coûts ne sont pas pris en charge ni par l’assurance maladie, ni par la mutuelle.

La sécurité sociale ne prend en charge que les cas de reconstruction mammaire ou certains cas d’asymetrie mammaire sur malformation.

Les résultats

  • La résorption d’une faible partie de la graisse injectée, généralement peu importante, est classique les premières semaines suivant l’intervention (on ne veillera à aucune prise de tabac avant comme après l’intervention pour améliorer la prise des greffons graisseux). En cas de résorption trop importante, une seconde intervention de lipofilling peut être indiquée. La durée à respecter entre deux interventions est de 6 mois minimum, le temps que les tissus s’assouplissent et que la prise de greffe soit mature et définitive.
  •   Les cellules graisseuses correctement greffées ont une durée de vie identique à celles des tissus dans lesquels elles ont été injectées.
  •  Le résultat définitif est appréciable 6 mois après l’intervention et apporte dans la grande majorité des cas une amélioration significative du galbe du sein. La poitrine est harmonieuse et naturelle.

Les recommandations de la Société Française de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique

Technique validée depuis novembre 2011 en France par la Société Française de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique, des réserves de prudence concernant les augmentations mammaire par injection de graisse ont cependant été émises récemment, l’absence d’effet carcinogène des cellules graisseuses sur la glande mammaire n’ayant pas été encore écarté, de même sur la possible entrave sur le dépistage clinique et radiologique des cancers du seins. Ce risque fait l’objet d’une surveillance.

Il convient à l’heure actuelle d’être prudent dans les indications et dans la surveillance de cette technique (pourtant ancienne) et de bien respecter les recommandations pour les patients à haut risque de cancer pour les actes esthétiques (antécédents familiaux, bilan morphologique douteux ACR3) et de chirurgie réparatrice (contre-indication en cas de mastectomie partielle).

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