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Les traitements chirurgicaux des séquelles des brûlures

Les séquelles des brûlures sont de deux types : les séquelles fonctionnelles, qui peuvent entraver les mouvements, et les séquelles esthétiques. L’une et l’autre peuvent être traitées par la chirurgie plastique. Néanmoins, il est préférable de patienter environ 6 mois avant d’entreprendre ce type d’intervention, le temps que la cicatrisation puisse atteindre un certain degré de maturité. En revanche, ce n’est pas le cas pour les atteintes aux paupières qu’il faut traiter en urgence afin d’éviter tout phénomène de rétractation.

Il est indispensable d’établir une hiérarchie des interventions et de les planifier. Une chirurgie plastique de réparation des séquelles de brûlures peut en effet nécessiter plusieurs temps opératoires, s’alternant souvent avec des phases de rééducation.

En consultation, le chirurgien plasticien explique au patient les enjeux et les contraintes des interventions tout en considérant ses désirs, aussi minimes soient-ils. Toutefois, les interventions pour des rétractations situées au niveau du cou, pour défaut d’ouverture de la bouche ou encore sur les mains, sont traitées en priorité.

Chirurgie des séquelles esthétiques

La greffe de peau totale                

Elle est privilégiée lorsqu’il y a possibilité de prélèvement de peau saine à proximité de la zone à greffer, afin de conserver une certaine homogénéité entre les tissus d’origine et ceux greffés. La plupart du temps, la greffe de peau totale donne d’assez bons résultats, mais ne peut être entreprise que pour de petites surfaces comme les mains ou le visage. Les cicatrices des brûlures ne sont pas effacées mais plus ou moins atténuées, donnant une zone cicatricielle plus discrète et esthétique.

Prothèse d'expansion cutanée pour correction de cicatrice de brûlure

Prothèse d’expansion cutanée pour correction de cicatrice de brûlure

L’expansion cutanée

Lorsque la quantité de peau saine (non brûlée) sur le patient ne permet pas une greffe autologue, on pratique une expansion cutanée. Il s’agit d’introduire un ballon de silicone sous la peau, près de la zone qui sera traitée, et de le gonfler régulièrement au sérum physiologique. Il en résulte un gain cutané non négligeable et nécessaire à la réparation des séquelles de brûlures.

Cette méthode fut mise au point dans les années 1980 par le Professeur Serge Baux et fait autorité désormais en la matière. L’expansion cutanée constitue une des meilleures indications pour le traitement des séquelles de brûlures.

Une expansion cutanée se déroule le plus généralement sur 1 à 2 mois puis le ballon est retiré. On excise ensuite la peau brûlée pour la remplacer par la peau saine produite par l’expansion. On obtient ainsi un tissu très proche de celui qui a été détruit et cette méthode donne en conséquence d’excellents résultats esthétiques.

Chirurgie des séquelles fonctionnelles

Afin de réduire les risques d’apparition de brides rétractiles sur les cicatrices localisées au niveau des articulations, il est nécessaire de recourir à des massages réguliers et à des séances de kinésithérapie. Toutefois, malgré ces précautions, elles peuvent apparaître, entravant la mécanique fonctionnelle des articulations. De ces cas, il est indispensable de circonscrire le phénomène en supprimant ces brides gênantes et en greffant de la peau. On observe deux techniques selon les cas.

La greffe de peau

On pratique une greffe de peau lorsque le sous-sol de la perte de substance demeure correctement vascularisé. On prélève dans une autre zone du corps de la peau saine (derme et épiderme) en la coupant de sa vascularisation, pour être greffée sur la zone à traiter. La peau va ensuite adhérer au sous-sol et se revasculariser spontanément. La peau greffée étant toutefois mince, la cicatrice peut à nouveau se rétracter.

Le lambeau

La technique du lambeau permet d’emporter à la fois le derme et l’épiderme tout en conservant la vascularisation de la peau, pour être greffés sur la zone à corriger. Cette technique offre de meilleurs résultats que la greffe de peau simple. L’épaisseur emportée étant plus importante, la peau ne peut se rétracter ultérieurement. Elle est privilégiée lorsque les nerfs et les vaisseaux sont mis à nu après la libération de la bride rétractile.

Pour la greffe de lambeau, on prélève de la peau soit dans région périphérique de la brûlure, soit à distance. On recourt à divers types de plasties selon les cas : plastie en Z, en IC ou en trident.

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Article rédigé par le Dr David Picovski - Dernière mise à jour le 28 septembre 2012