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Cicatrisation

La cicatrisation est un processus permettant à une plaie de se refermer naturellement, grâce au pouvoir de régénération des cellules tissulaires du corps.

La longueur du processus varie selon chaque individu et en fonction de la zone de la plaie. Ainsi une simple cicatrisation du derme sera toujours plus rapide qu’une cicatrisation en cas de lésion des tissus situés sous le derme. L’aspect définitif d’une cicatrice s’observe entre 9 et 12 mois, voire davantage selon les cas.

Evolution de la cicatrisation normale et des cicatrices pathologiques (hypertrophiques, chéloides) - source Latarjet, Echinard

Evolution de la cicatrisation normale et des cicatrices pathologiques (hypertrophiques, chéloides) – Source Latarjet, Echinard

Le processus s’effectue en 3 étapes. Tout d’abord, le sang coagule permettant de supprimer le saignement. Ensuite, les cellules de la peau adjacente fabriquent des fibrilles collagènes sur une période de 5 à 15 jours. Enfin, ces fibrilles en mûrissant fabriquent un réseau de tissus fibreux épais sur une longue période. Ce tissu conjonctif ainsi formé vient remplacer le tissu détruit.

Les cicatrices dites normales

Une cicatrisation parfaite donne une cicatrice dite normale, c’est-à-dire souple à la palpation, sans différence de couleur avec la peau avoisinante et presque invisible. Mais de nombreux facteurs peuvent influencer la cicatrisation et favoriser certaines complications, parfois difficiles à traiter. On évitera ainsi au maximum le tabac durant le processus de cicatrisation, l’exposition au soleil et aux UV…

Les cicatrices anormales

Dans le cas d’une cicatrice anormale, on observe plusieurs cas différents :

  • Les cicatrices pigmentées : leur couleur est brune et elles sont plus fréquentes chez les personnes ayant une peau colorée ;
  • Les cicatrices dépigmentées : quand les mélanocytes (cellules cutanées) responsables des pigments de la peau disparaissent, on parle de cicatrice dépigmentée. Très souvent, elle fait suite à un traitement par le froid ou cryothérapie, au niveau d’une lésion cutanée ;
  • Les cicatrices rétractiles : on les retrouve généralement suite à une brûlure. Dans ce cas, la zone concernée par la cicatrice se rétrécit, ce qui appuie sur les tissus voisins. Des cordons fibreux se forment. Durs et surélevés, elles empêchent une amplitude de mouvement correcte, surtout au niveau d’une articulation ;
  • Les cicatrices déprimées : ce sont des cicatrices de forme ovale, ronde ou assez irrégulière et de profondeur variable. Elles peuvent apparaître suite à différents événements : varicelle (processus viral), acné (processus inflammatoire) ou furoncle (processus bactérien).
  • Les cicatrices hypertrophiques : elles sont caractérisées par un certain relief (moins important que celui d’une cicatrice chéloïde). Au bout de 1 à 2 ans, elles régressent spontanément. On retrouve souvent des cicatrices hypertrophiques au niveau de certaines parties du corps distinctes : dos, épaules, poitrine, région pubienne.
  • Les cicatrices chéloïdiennes : une cicatrice chéloïde est une boursouflure ramifiée, fibreuse et durcie, située au niveau cutané d’une cicatrice. Ce type de cicatrice est généralement très peu douloureux. Il peut être prurigineux mais surtout, il est particulièrement sensible aux frottements. Une chéloïde peut apparaitre en cas de plaie après un traumatisme ou bien suite à une opération chirurgicale. Elle peut également se développer dans d’autres situations : les folliculites, le zona, certaines maladies de peau (acné), la cicatrisation après une brûlure, une scarification effectuée lors d’un simple vaccin. Les chéloïdes ne concernent pas tout le monde, certaines personnes y sont spécifiquement sensibles. Pour autant, la nature du “terrain chéloïdien” de ces personnes n’a pas été découverte. On observe rarement d’évolution cancéreuse.

Prévention pour les personnes à risques et traitement

Pour toute opération de chirurgie esthétique, on tient compte du risque cicatriciel afin d’optimiser le résultat final. En effet, pour une même intervention, on observe de grandes variations en fonction des personnes opérées. Ainsi, certains patients ont une production tissulaire en quantité parfaitement adaptée pour la fabrication d’une soudure souple et fine. Pour d’autres, en revanche, le tissu cicatriciel se met en place de façon trop volumineuse. La cicatrice qui en résulte est épaisse, en relief et gonflée : on parle de cicatrice hypertrophique. Celle-ci poursuit son évolution durant quelque dix-huit mois : on obtient alors une cicatrice très large. Au-delà de cette période, elle peut même se transformer en chéloïde.

Le traitement des cicatrices pathologiques n’est pas facile, même s’il existe un certain nombre de traitements adaptés ou de retouches chirurgicales pour atténuer les cicatrices ultérieurement.

Ainsi, les cicatrices rétractiles ou déprimées peuvent être traitées par la chirurgie. Les mêmes techniques sont utilisées pour les cicatrices chéloïdes, avec un moins bon résultat cependant.

Pour les cicatrices dépigmentées, on peut proposer un traitement par tatouage, en fonction du préjudice esthétique rencontré. Au contraire, pour agir sur les cicatrices pigmentées, il existe des massages à base de produits dépigmentants. Enfin, pour améliorer l’esthétique des cicatrices hypertrophiques, on peut effectuer des infiltrations à base de corticostéroïdes, des massages (avec ou sans corticostéroïde), des applications d’azote liquide, voire une simple compression.

Dans les zones dites mobiles, comme le genou et le pli du coude, on surveille l’évolution des cicatrices. La cicatrisation doit être constante, et ce, pendant plusieurs années. Il existe en effet quelques cas rares de dégénérescence des cicatrices.

En présence d’un patient dit “à risques”, on prend toutes les précautions indispensables afin de favoriser la prévention de la cicatrisation. C’est le chirurgien qui est qualifié pour mener ces opérations :

  • dissimuler et réduire les incisions ;
  • utiliser des systèmes de suture très fins ;
  • éviter certaines zones du corps.

 

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