Faut-il refuser les demandes de chirurgie esthétique chez les adolescents? l’exemple des Etats-Unis

9 août 2017

La chirurgie esthétique des adolescents deviendrait-elle un fait banal et faut-il l’encourager ou au contraire freiner l’enthousiasme de certains jeunes prêts à la transformation d’une partie ou tout de leur physique ?

Selon l’American Society for Aesthetic Plastic Surgery, plus de 64 470 interventions esthétiques* ont été pratiquées en 2015 sur des jeunes de 13 à 19 ans aux Etats-Unis (ils sont 74 millions). On peut comparer ce chiffre avec le total de 3,3 millions d’opérations de chirurgie esthétique par an, toujours aux Etats-Unis et aux 511 000 pratiquées en France.

C’est indéniablement le signe que le recours à la chirurgie esthétique qui se banalise de plus en plus chez les adultes conquiert également les plus jeunes et notamment sans surprise, aux Etats-Unis qui ont toujours le 1er rang en matière de nombre d’actes de chirurgie esthétique dans le monde.

Des chirurgiens plasticiens se sont interrogés devant cette demande des jeunes

Fallait-il accéder à toutes les demandes ? Fallait-il en refuser certaines ? Et pour quelles raisons ?

Il faut savoir en premier lieu que le cerveau des adolescents est immature. Il ne sera complètement développé que vers l’âge de 20 ans et souvent même 25 ans. Par contre, la maturation hormonale débute dès l’âge de 12 ans. Il y a donc un décalage entre maturation hormonale qui pousse à la prise de risques, à la volonté de découvrir ce qui est inconnu et la maturation du cortex frontal qui est le lieu de la réflexion.

L’adolescent peut ainsi être conduit à désirer un changement dans son physique sans réfléchir aux conséquences immédiates et tardives que cela peut impliquer. Il peut faire une demande de chirurgie esthétique par esprit de soumission aux pressions du groupe (copains ou médias, telle personnalité people fait refaire ses lèvres ou ses seins, un autre le nez etc.…). Le fait que les adolescents sont à la recherche de leur personnalité, qu’ils ne sont pas sûrs d’eux-mêmes, bref, les aspects bien connus des caractères adolescents peuvent les amener à une demande de chirurgie esthétique, tout comme certains se font tatouer le corps et le regrettent ensuite.

Or, certaines opérations, telle une rhinoplastie ou une augmentation mammaire effectuées alors que le corps n’a pas terminé sa croissance sont à éviter absolument. On estime qu’un âge de 18 ans est un âge convenable pour dire que les modifications physiques de l’adolescence sont terminées.

Par contre, une otoplastie demandée personnellement par un enfant, même jeune, doit être acceptée et effectuée. On estime qu’un âge de 7 ans est un âge où l’enfant peut motiver lui-même sa demande. C’est au chirurgien esthétique de s’assurer que la demande émane bien de l’enfant et non de ses parents.

Les adolescents aux Etats-Unis (tout comme en France d’ailleurs avant 18 ans) ne peuvent cependant pas subir une opération esthétique sans l’assentiment de leurs parents, ce qui peut être un frein à des demandes intempestives. Le chirurgien lui-même peut refuser l’intervention s’il la juge inappropriée et dangereuse pour la santé.

En conclusion, sachant que le cerveau des adolescents est immature il faudrait que les parents en premier lieu enseignent à leurs enfants que le changement d’apparence du corps ne suffit pas pour rendre heureux et changer la vie et que les chirurgiens esthétiques montrent les bienfaits mais aussi les dangers des opérations esthétiques effectuées sur les patients trop jeunes pour les choisir et pour les subir.

  • Source:  https://www.plasticsurgery.org/news/briefing-papers/briefing-paper-plastic-surgery-for-teenagers

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