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Pourquoi arrêter de fumer avant une chirurgie esthétique ?

Auteur : Dr David Picovski, chirurgien esthétique reconnu par l'Ordre des Médecins. Dernière vérification scientifique le 27/05/2026.

Il vaut mieux arrêter de fumer avant une chirurgie esthétique, car le tabagisme est le principal facteur de complications évitables en période péri-opératoire. Il augmente considérablement les risques chirurgicaux et impacte le résultat esthétique. Explications.

Les risques du tabac sur la cicatrisation et la peau

La nicotine et le monoxyde de carbone contenus dans la cigarette altèrent directement la microcirculation sanguine. Ce phénomène peut entraîner des conséquences inesthétiques voire graves pour le patient opéré.

Le manque de sang dans les tissus

La nicotine provoque une vasoconstriction (rétrécissement des vaisseaux) réduisant l’apport d’oxygène et de nutriments essentiels. Ce manque d’irrigation sanguine entraîne un manque d’oxygénation des cellules (ischémie tissulaire) dans la zone opérée.

Le retard de cicatrisation

Une circulation sanguine altérée conduit à une plaie qui cicatrise mal ou plus lentement. Cela augmente les risques de désunion (ouverture de la cicatrice). 

Ce retard de cicatrisation favorise également l’apparition de cicatrices plus inflammatoires, plus rosées (hyperplasiques), pouvant évoluer vers des cicatrices hypertrophiques voire chéloïdes (cicatrices épaisses et persistantes).

Le risque de nécrose

Dans les chirurgies impliquant un décollement cutané important (comme le lifting, l’abdominoplastie ou la réduction mammaire), le manque d’oxygène peut entraîner la mort des tissus décollés (nécrose cutanée) notamment chez les grands fumeurs chroniques.

À savoir :

Le tabac ne présente pas le même niveau de risque selon les opérations de chirurgie esthétique. Il est par exemple généralement moindre pour la  cicatrisation après une une liposuccion, intervention pour laquelle les décollements sont plus limités et les cicatrices très courtes. Il n’est toutefois jamais nul et doit toujours être pris en compte.

Les complications infectieuses et opératoires liées au tabac

Les fumeurs de cigarettes ont un risque plus grand d’infection post-opératoire.

Les infections nosocomiales

Le risque d’infection à la suite d’une opération est nettement plus élevé chez les fumeurs que les non-fumeurs. La guérison est également plus lente lorsque l’infection est déclarée.

Les complications respiratoires

Sous anesthésie générale, les poumons d’un fumeur sont plus réactifs. Cela augmente le risque de quinte de toux au réveil (pouvant causer des hématomes) ou des difficultés respiratoires. 

Si vous n’avez pas arrêté de fumer avant l’opération, prévenez l’anesthésiste.

Tabac et chirurgie : quand arrêter de fumer ?

Pour que les bénéfices soient réels, l’arrêt du tabac doit être total car la nicotine reste le principal facteur de risque vasculaire.

Délai recommandé de l’arrêt

Il est impératif d’arrêter de fumer au moins :

  • les 3 semaines avant l’intervention
  • les 2 à 3 semaines suivantes (selon le type d’opération)

Pourquoi ce délai sans nicotine ?

Ce délai permet à la microcirculation de se rétablir et aux tissus de retrouver une oxygénation optimale, conditions essentielles pour aborder la chirurgie en toute sérénité et cicatriser.

Attention :

L’arrêt doit concerner toutes les formes de tabac : 

  • la cigarette, le cigare…
  • les substituts nicotiniques comme les patchs, les gommes
  • et la cigarette électronique !

Pour des renseignements spécifiques sur comment arrêter le tabac, vous pouvez consulter le site officiel Tabac Info Service.