Qu'est-ce qu'une coque en matière d'augmentation mammaire ?

Après une intervention d’augmentation mammaire par prothèse, l’apparition d’une coque (ou contracture capsulaire) peut être observée. Il s’agit d’une réaction inflammatoire physiologique de l’organisme à la présence de l’implant mammaire.

Même si son apparition est rare (avec les implants de nouvelle génération), elle impose une surveillance post opératoire d’une année. En effet, son apparition est progressive, en analysant la littérature, 60% des coques apparaîtraient avant 6 mois et 90% avant 12 mois (source).

En effet, l’organisme a la particularité de se défendre contre toutes les intrusions dans le corps. On peut retrouver des réactions inflammatoires lors de mise en place de corps étrangers, comme les prothèses mammaires mais aussi la mise en place de Pacemaker, d’implanon ou de prothèses orthopédiques. Ces phénomènes physiologiques peuvent aussi se produire lors de greffes, ou l’on parle de rejet de greffe, c’est-à-dire que l’organisme ne veut pas de ce corps étranger et tente de s’en défaire.

Le mécanisme de formation d’une coque est simple : l’organisme crée une sorte de « gangue », une réaction fibreuse qui encapsule l’implant et l’emprisonne ; c’est ce qu’on appelle la membrane d’exclusion. Cette membrane d’exclusion, par un mécanisme inflammatoire, va se contracter et être à l’origine d’une dureté voire d’une déformation inesthétique du sein et de douleurs.

La formation d’une coque periprothétique est néanmoins peu répandue et ne représente que moins d’1% environ des augmentations mammaires par pose de prothèses, très loin des 25 à 30% observés il y a 20 ans. Le risque de formation de coques serait réduit en cas de pose des implants en position rétromusculaire (sous le muscle pectoral de par sa grande vascularisation), et est plus élevé pour les reconstructions de seins après cancer en raison de l’absence de glande mammaire et des antécédents dans de nombreux cas de radiothérapie.

Le diagnostic de la coque est clinique. Il n’y a pas besoin de réaliser un examen morphologique (échographie) pour la découvrir.

Selon l’examen clinique, il existe différents stades selon la classification de Baker :

  • Stade 1 : la consistance du sein est sans particularité
  • Stade 2: le sein est plus dur que d’habitude
  • Stade 3 : sein est dure, figé et l’implant est peu mobile
  • Stade 4: le sein est dur voire inflammatoire et douloureux.

Dès lors que le sein se rétracte sur l’implant et s’immobilise (stade 3), lui donnant un aspect qui peut devenir très peu naturel, il est nécessaire de recourir à une reprise chirurgicale destinée à retirer la coque et à remplacer l’implant mammaire. L’opération aura pour principe de chercher à mettre un implant plus petit afin que l’acceptation par le corps soit meilleure. Il s’agira donc soit d‘ouvrir la coque, c’est-à-dire la loge de l’implant (capsulotomie pour que la nouvelle prothèse soit le plus à l’aise possible), soit de la retirer complètement (capsulectomie).

Coque sur implant responsable d'une déformation du sein

Coque sur implant du sein gauche de la patiente responsable d’une déformation inesthétique du sein (aspect bombé lié à la contraction de la coque) et d’une dureté au toucher (aspect de stade 3). Une intervention peut être envisagée pour le corriger.

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Article mis à jour le 2 avril 2020 par le Dr Picovski

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