Expansion cutanée

La peau possède des qualités élastiques irréfutables. En témoignent certaines pratiques ethniques, comme l’allongement du cou (femmes-girafes), la pose de plateaux au niveau des lèvres, etc. L’exemple le plus évident de l’élasticité de la peau est la grossesse.

Bien qu’il semblerait y avoir des antécédents à l’époque romaine ou au début du XXème siècle, c’est en 1957 que la première expansion cutanée fut pratiquée à l’aide d’un ballon gonflable, par le Pr Neuman, en Israël, pour la reconstruction d’une oreille. Technique artisanale à l’époque, l’essor de l’expansion cutanée a eu lieu à partir de 1976 avec l’utilisation d’un expandeur en silicone gonflé au sérum physiologique grâce à une valve sous-cutanée.

Introduite en France en 1983 par le Pr Baux, chef de service du service de chirurgie Plastique de l’hôpital Rothschild, la technique de l’expansion cutanée est devenue un procédé incontournable en matière de reconstruction mammaire et de chirurgie réparatrice des brûlures, mais peut également être employée pour les ablations de tatouages, le traitement de la calvitie ou encore de tumeurs, de placards cicatriciels, naevi géants, etc.

L’expansion cutanée se pratique en 3 temps : la mise en place de l’expandeur sous la peau, son gonflage, puis le retrait de la prothèse avec l’utilisation de l’excédent cutané obtenu.

Prothèse d'expansion sous-cutanée

Prothèse d’expansion sous-cutanée

La première intervention consiste, une fois la taille, le siège et l’orientation de l’expandeur discutés, à inciser la peau pour y placer la prothèse qui, une fois gonflée, permettra d’obtenir un volume pouvant aller jusqu’à 1000cc, d’où un choix de prothèse stratégique pour obtenir le meilleur gain de peau possible.

On soulève dans un premier temps la peau afin de créer une loge pour la prothèse, puis on insère celle-ci. L’étalement de l’expandeur doit être parfait, sans pli et faire sortir la valve pour son gonflage (si ce choix a été retenu ; il est possible également que la valve soit sous-cutanée). Le tout mis en place, on gonfle l’implant à l’aide de sérum physiologique, en plusieurs temps : généralement 1 à 2 fois par semaine et pendant 4 à 8 semaines.

Une fois le volume souhaité atteint, on retire l’expandeur que l’on aura préalablement dégonflé, et la peau de bonne qualité (expansée) en surplus sert à couvrir la perte  de substance laissée par le retrait de la peau abimée ; elle pourra dans certains cas être destinée à être greffée sur le patient lui-même.

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