Chirurgie de l’intime : un mot sur la nymphoplastie

Pour mieux comprendre la nymphoplastie

10 décembre 2017

Il existe un engouement assez récent pour ce type d'intervention qui concerne d'ailleurs les plus jeunes. En effet, la majorité des femmes opérées ont moins de 30 ans.
Le nombre d’Américaines de moins 19 ans qui ont fait de la chirurgie esthétique vaginale a presque doublé entre 2014 et 2015. Chez les femmes, la nymphoplastie de réduction (ou labiaplastie) est l’opération la plus demandée, suivie de l'hymenoplastie.

Plusieurs phénomènes peuvent expliquer cet engouement

  • Il y a de moins en moins de tabous autour de ce type d’opération. De ce fait les patientes les plus jeunes sont moins gênées à l’idée de consulter et de parler de ce complexe intime.
  • Les femmes s’intéressent de plus en plus à l’apparence de leur sexe.
  • Si les tabous autour du corps de la femme tombent peu à peu, celui-ci reste encore chosifié et les images issues du monde pornographique peuvent influencer la plus jeune génération en lui apportant son lot de complexes.
  • Plus prosaïquement, la technique de nymphoplastie a été très médiatisée (plus de femmes en ont de ce fait connaissance).
  • Enfin, les techniques opératoires plus sûres rassurent les patientes.

En quoi consiste la nymphoplastie ?

Cette intervention correspond à la réduction des petites lèvres lorsqu’elles sont tombantes ou hypertrophiées (trop développées) au niveau de la vulve féminine.
L’acte chirurgical consiste à retirer l’excédent fibro-muqueux des petites lèvres.
En théorie, l’intervention est indiquée lorsqu’il existe des douleurs ou un excès supérieur à 4 cm, mais en réalité, la gêne ressentie n’est pas nécessairement proportionnelle à l’hypertrophie.

Pourquoi les femmes ont-elles recours cette intervention?

Les raisons peuvent être médicales ou esthétiques

  • La présence d’une asymétrie (relativement courante) entre les deux lèvres.
  • Les petites lèvres peuvent être trop grandes et trop volumineuses au point d’entraîner une gêne qui peut être douloureuse dans les mouvements du quotidien (aussi anodins que la marche par exemple).
  • Des difficultés dans le déroulement d’activités physiques. Notamment lors de la pratique de certains sports (vélo, équitation…) ou de sports de haut niveau.
  • L’hypertrophie de petites lèvres peut aussi empêcher ou gêner le port de certains vêtements.
  • Les petites lèvres trop développées peuvent aussi être à l’origine de gêne ou de douleur lors des rapports intimes.

N.B. : la chirurgie labiale peut être remboursée par la Sécurité Sociale (le restant peut alors être pris en charge par certaines mutuelles) lorsqu’elle est pratiquée pour raison médicale.

Nymphoplastie et point G

  • La nymphoplastie n’a pas pour but d’augmenter le plaisir féminin et ne traite pas la zone (controversée) du point G.
  • Les femmes qui ont recours à cette opération sont parfois aussi dans une recherche du plaisir. Mais les connaissances actuelles ne permettent pas d’établir de lien direct entre la taille des petites lèvres et le plaisir. En revanche, en plus de la gêne mécanique, des femmes complexées par cet aspect intime de leur apparence peuvent avoir plus de mal à ressentir du plaisir.
  • Concernant le point G (dont l’existence fait encore débat), il sera possible d’injecter de l’acide hyaluronique dans la zone du point G pour augmenter le plaisir ou le volume du clitoris par cette même technique d’injection.

Quelles dérives ?

Au Royaume-Uni, on dénombre plus de 150 jeunes filles de moins de 15 ans qui ont subi une intervention de la vulve. Si ce nombre semble étonnant, et s’il est certain que les jeunes filles sont parfois très complexées de plus en plus tôt dans leur vie, il ne doit pas masquer une plus large réalité.

En ce qui concerne le cas particulier de la France, la nymphoplastie est une procédure encadrée et les patientes qui se présentent en consultation sont le plus souvent sorties depuis longtemps de la puberté et présentent des signes réels d’hypertrophie des petites lèvres. Il faut éviter de tomber dans le fantasme autour de cette intervention. Dans la majorité des cas, elle permet aux femmes opérées de mieux vivre, sans douleur et/ou sans complexe. Beaucoup d’entre elles expliquent que l’intervention leur a littéralement changé la vie.

Y a-t-il un âge limite pour effectuer une nymphoplastie ?

Non il n’y a pas d’âge limite. L’intervention peut être pratiquée à tout âge, une fois la croissance achevée (c’est à dire vers l’age de 17 – 18 ans)

Peut-on accoucher après une nymphoplastie ?

La nymphoplastie ne gêne absolument pas l’accouchement.

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