Implants mammaires : y a-t-il un risque de cancer du sein ?

La silicone, le biomatériau utilisé dans la majorité des implants mammaires, est inerte et non allergisante.

Elle fut longtemps incriminée comme pouvant déclencher des maladies auto-immunes chez certaines personnes. Etant donné le nombre de patientes ayant subi une augmentation mammaire depuis les années 1950, il pouvait être normal que la silicone puisse être suspectée comme étant la source de ces maladies.

Les implants en gel de silicone ont été interdits en France de 1994 et réintroduits le 15 janvier 2001 après que de nombreuses études et recherches n’aient démontré un quelconque lien entre le déclenchement d’un cancer du sein et la présence d’une prothèse mammaire en silicone. Il n’y a aucune donc preuve tangible scientifique pouvant affirmer une augmentation de cancers du sein chez les femmes porteuses de prothèses en gel de silicone.

Récemment, une Française porteuse de prothèses de marque PIP est décédée des suites d’un lymphome (cancer du système lymphatique), une maladie plutôt rare. A ce jour, aucun lien de causalité entre le lymphome et la présence d’implants mammaires n’a été établi avec certitude.

Toutefois, il a été rapporté quelques cas de lymphomes chez les porteuses d’implants mammaires ce qui a conduit en 2011 l’Agence de Sécurité Sanitaire américaine (FDA) à étudier le phénomène. Sur les 10 millions de femmes dans le monde ayant eu recours à une augmentation mammaire à l’aide de prothèses en gel de silicone ou rempli de sérum physiologique, seulement 60 cas de lymphome ont été recensés par la FDA.

Même si le nombre de lymphomes développés est un peu plus important chez les femmes porteuses d’implants mammaires que chez les femmes en général, le recul est encore insuffisant pour pouvoir conclure sur la relation entre la présence de la silicone et le développement de lymphomes. La seule hypothèse retenue pour le moment est l’inflammation chronique. Le Pr Philippe Gaulard, chercheur à l’INSERM et spécialiste des lymphomes au département de pathologie de l’hôpital Henri Mondor à Créteil explique dans Sciences et Avenir : « Ce qui accrédite l’hypothèse d’un lien entre cette pathologie et les implants, c’est qu’il s’agit toujours du même type de lymphome, pourtant rare, et qu’il est toujours situé au même endroit, près de l’implant. Cependant, nous ne disposons que de peu d’informations pour l’instant, cela concerne un très petit nombre de cas et les mécanismes physiopathologiques qui expliqueraient le lien ne sont pas établis ».

Plus généralement sur le risque de cancer,  les prothèses mammaires sont également employées dans certaines reconstructions du sein après cancer et les études ont démontré qu’il n’existait pas de différences de survie entre ces patientes et celles qui ne portaient pas d’implants mammaires en silicone.

Toutefois, il est conseillé de se faire suivre régulièrement, au moins une fois par an. En effet, la présence d’un implant peut gêner la lecture d’une mammographie traditionnelle et doit par conséquent être pratiquée par un radiologue confirmé, employant des techniques appropriées.

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