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Est-ce que les implants mammaires augmentent le risque de cancer du sein ?

Auteur : Dr David Picovski, chirurgien esthétique reconnu par l'Ordre des Médecins. Dernière vérification scientifique le 05/11/2025.

Le risque de cancer du sein est-il accru si je porte des prothèses mammaires ?

La réponse est NON. Les implants mammaires n’augmentent pas le risque de développer un cancer du sein classique (l’adénocarcinome mammaire).

Une femme porteuse d’implants n’a pas plus de risque de développer un cancer du sein qu’une femme non porteuse d’implants, comme le rappelle l’INCA (Institut National du Cancer).

La technique de la pose de prothèse mammaire est également utilisée pour la reconstruction du sein après cancer. Cela concerne les femmes ayant subi une mastectomie.

Les implants gênent-ils le dépistage du cancer du sein ?

NON, les implants mammaires ne gênent pas le dépistage du cancer du sein. Les femmes porteuses d’implants doivent continuer le dépistage classique du cancer du sein (mammographie à partir de 50 ans, ou plus tôt selon les antécédents). 

La présence de prothèses mammaires n’est pas un obstacle au dépistage, il faut simplement prévenir le radiologue avant toute mammographie. C’est confirmé par l’INCA.

Consultez également mon article sur le dépistage du cancer du sein avec des prothèses mammaires.

Peut-on développer un autre type de cancer à cause des prothèses mammaires ?

NON, à l’exception d’UN cas spécifique. 

Si vous portez des prothèses mammaires à enveloppe macro-structurée ou en polyuréthane d’AVANT 2019, vous avez un risque très faible de développer un cancer rare du système immunitaire, appelé le LAGC-AIM. 

L’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament) a recensé 59 cas entre 2011 et 2019 sur 400 000 porteuses de ces implants (source).

En France, ces prothèses sont déconseillées depuis 2018 et interdites depuis 2019. Les femmes porteuses de ces implants en ont normalement été averties par leur chirurgien. 

Ne sont concernées par cet avertissement que les femmes qui portent des prothèses à enveloppe dite macro-structurée ou en polyuréthane mises en place AVANT 2019. 

L’INCA (Institut National du Cancer) ne préconise pas de retrait de ces prothèses sauf en cas de signes problématiques (gonflement, douleurs…). En cas de doute, contactez votre médecin (idéalement votre chirurgien esthétique) ou le numéro vert gratuit de l’ANSM au 0800 71 02 35.

Les autres enveloppes d’implants mammaires (implants à enveloppe lisse) ne présentent AUCUN risque, ni avant ni après 2019.

La distinction cruciale : cancer du sein et LAGC-AIM

⚠️ Le LAGC-AIM (Lymphome Anaplasique à Grandes Cellules) n’est PAS un cancer du sein typique. 

Il a pu être associé aux implants à enveloppe macro-structurée ou en polyuréthane. Pour rappel, ces implants sont interdits en France par décret depuis le 2 avril 2019 par l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé) par mesure de précaution.

Qu’est-ce que le LAGC-AIM ?

C’est une forme de lymphome (un cancer du système immunitaire) qui se développe dans la capsule (la membrane) que le corps forme autour de l’implant. Ce n’est pas un cancer du sein classique dans le sens où il ne se développe pas dans la glande mammaire.

Ses caractéristiques :

  • il est extrêmement rare : 1 cas pour 30 000 patientes porteuses d’implants, sur toute une vie
  • il était lié à une texture spécifique d’enveloppe d’implants dite « macro-texturé » (à paroi très rugueuse). Elle était utilisée dans la conception des prothèses anatomiques, interdites et retirées du marché en France depuis 2019.
  • le traitement consiste à retirer l’implant et sa capsule avec un très bon pronostic de guérison

Prothèse mammaire et cancer : récapitulatif

SécuritéLien avec prothèseAction
Cancer du sein (adénocarcinome mammaire)aucundépistage habituel
LAGC-AIMpossible avec implant macro-texturé (utilisé avant 2019), très rareconsultation si gonflement, douleurs
Santé à long termeaucune incidence, surveillance régulièreéchographie tous les ans ou tous les 2 ans selon les cas

À retenir :

Les implants mammaires actuels ne causent pas de cancer du sein.

Le risque de lymphome LAGC-AIM est extrêmement rare avec certains anciens types d’implants.

Les implants modernes à surface lisse utilisés aujourd’hui sont sûrs.

La surveillance médicale régulière et le dépistage du cancer du sein ne sont pas altérés et sont recommandés.

Pour en savoir plus

Références

  • L’INCA (site national de référence sur les cancers), sur le risque de cancer et les prothèses mammaires : lien
  • Dossier thématique de surveillance et conseils de l’ANSM sur les implants mammaires (Agence nationale de sécurité du médicament) : lien
  • Le décret d’interdiction de l’ANSM du 02/04/2019 (implants en polyuréthane et à enveloppe macro-structurée) : lien
  • Les Recommandation du directoire de la SOFCEP du 22 novembre 2018 (Société française de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique) de ne plus mettre en place des implants mammaires à surface macro-texturée de type Biocell* de la Marque Allergan en raison de la sur-représentation de ces prothèses dans cette pathologie : lien
  • Sciences et Avenir, « Implants mammaires et lymphomes : un lien possible mais pas démontré », 26/11/2011