Les cicatrices de l'opération de la gynécomastie

Gynécomastie

Plusieurs types et localisations de cicatrices sont possibles selon la technique opératoire. Celle-ci est fonction du type de gynécomastie à traiter (glandulaire ou graisseuse) et de la qualité de la peau. Leur position et leur longueur sont à connaître avant l’intervention.

Les cicatrices d’une correction d’adipomastie

On parle d’adipomastie lorsque l’hypertrophie de la poitrine est uniquement liée à un excédent graisseux (gynécomasties graisseuses pures).

Dans ce cas, la liposuccion est suffisante pour obtenir une poitrine plate et seules 2 petites incisions de 3 à 4 mm seront réalisées : l’une au niveau de la région axillaire, cachée sous l’aisselle, et la deuxième au niveau du pli sous-mammaire. Ces cicatrices punctiformes, rosées au début en raison de l’hyperplasie physiologique de toute cicatrisation, s’estomperont progressivement sur plusieurs mois pour enfin disparaître. Les sutures se font par un seul point de fils résorbables qui tomberont lors des douches. Aucun fil ne devra être retiré.

Les cas de gynécomasties glandulaires ou mixtes

Même si elle est quasiment toujours réalisée en association pour corriger toute composante graisseuse, la lipoaspiration seule ne pourra suffire en présence d’une gynécomastie glandulaire ou mixte. En effet, la glande mammaire, d’une consistance dure, ne pourra être aspirée et devra donc être retirée par un abord direct. Cela impose une cicatrice dont la localisation et la longueur seront fonction de la qualité de la peau et notamment de sa quantité.

Lorsque l’excédent cutané n’est pas important

Gynecomastie glandulaire et graisseuse avec excedent cutané modéré

Gynécomastie glandulaire et graisseuse avec excédent cutané modéré

Lorsqu’il n’existe pas de chute (ptôse) des seins et notamment de l’aréole, une cicatrice au pourtour inférieur de celle-ci pourra suffire pour le retrait de la totalité de la glande (cicatrice hémi-aréolaire inférieure). Elle est disposée de cette façon pour être la plus discrète possible en utilisant la cicatrice physiologique déjà présente entre la peau pigmentée de l’aréole et la périphérie plus claire.

Rosée au début, cette cicatrice se confond parfaitement au fil des mois avec le pourtour de l’aréole et ne laisse le plus souvent aucun préjudice cicatriciel. Là encore, les fils se résorberont. Ils tomberont progressivement lors des douches. Ils sont disposés à l intérieur (surjet intra-dermique) pour ne laisser aucune trace extérieure.

Le cas intermédiaire, apprécié par le chirurgien plasticien selon son expérience

Il s’agit du cas où il existe un excédent de peau modéré avec une chute de l’aréole ne dépassant pas le sillon. Souvent la simple cicatrice hémi-aréolaire inférieure mérite d’être tentée (aidée le plus souvent d’une lipoaspiration pour le traitement de la composante graisseuse).

Traitement par cicatrice péri-aréolaire inférieure avec liposuccion (cicatrice axillaire)

Traitement par cicatrice péri-aréolaire inférieure avec liposuccion (cicatrice axillaire)

Le port, pendant plusieurs semaines, du vêtement compressif type boléro aidera à ce que la peau épouse bien le plan profond (muscle pectoral) et se rétracte.

Dans ces cas frontières, une cicatrice de ce type ne gêne en rien pour un complément de retrait cutané si besoin, 6 mois plus tard, si la peau ne se rétractait pas correctement ou selon le désir du patient.

Le cas où il existe un excédent cutané important et une chute des aréoles au-delà des sillons

Dans ce cas, la technique de mastectomie avec une simple cicatrice hémi-aréolaire, au pourtour inférieur de l’aréole, ne pourra suffire et la peau ne pourra jamais vraiment se rétracter de façon à corriger la gêne esthétique. Le patient conservera toujours de véritable seins tombants mais cette fois-ci vidés. L’opération risque au contraire d’aggraver la gêne. Ce cas de figure arrive plus volontiers après des variations pondérales, un amaigrissement important ou parfois constitutionnellement.

Pour que la poitrine soit la plus plate possible, une fois le retrait de la glande mammaire (et/ou de graisse) réalisé, l’excédent cutané doit être retiré en s’aidant de cicatrices supplémentaires.

Alors quel type de cicatrice choisir ?

Le choix dépendra bien évidemment de l’examen clinique et du choix du patient. :

  • Certains chirurgiens proposeront dans les excès modérés et ptôses limitées (aréole à hauteur du sillon), une cicatrice au pourtour de l’aréole, sur toute la circonférence (technique du round). Elle est plutôt déconseillée car ces cicatrices donnent peu de bons résultats et sont assez visibles, même passé le temps de la maturité cicatricielle. En effet, elles donnent un aspect de cicatrice mal délimitée, dit en « rayon de soleil ». Même si la ptôse corrigée est faible, mon avis est de ne pas utiliser cette technique et d’espérer une rétraction spontanée aidée du vêtement de contention de la poitrine.
  • En cas d’une chute plus conséquente (aréole à hauteur du sillon ou légèrement plus basse), une cicatrice verticale (en plus de la cicatrice péri-aréolaire) pourra se discuter pour remonter l’aréole, la cicatrice verticale diminuant les contraintes au niveau de la cicatrice aréolaire. Néanmoins, ce type de cicatrice participe à une projection de l’aréole alors que les homme demandent une poitrine définitivement plate.
  • En cas d’excès glandulaire (et/ou graisseux) associé à un surplus cutané important responsable d’une chute conséquente des seins, la technique sera d’accompagner le retrait total de la glande (mastectomie) et la graisse (aspiration) par une cicatrice horizontale dont la longueur sera la plus faible possible. Elle est réalisée après bâtis durant l’opération où le patient est, dans ce cas, en position semi-assise pour obtenir le meilleur compromis possible (rapport galbe/longueur de cicatrice). C’est ce type de cicatrice qui évite, dans ce cas, toutes les projections résiduelles et confère aux hommes traités la poitrine la plus plate possible.

Il est important de noter que les cicatrices d’une correction de gynécomastie, comme toutes les cicatrices postopératoires, devront être protégées de l’exposition au soleil pendant 6 mois, soit à l’aide d’un habit, soit par l’application d’écran total indice 50. En outre, les fils de sutures sont désormais tous résorbables et partent seuls sans qu’on ait à les retirer.

Retour à l’intervention de correction de la gynécomastie

Article rédigé par le Dr David Picovski - Dernière mise à jour le 30 décembre 2012

Galerie Photo