La chirurgie esthétique et réparatrice : avant ou après la grossesse ?

Auteur : Dr David Picovski - 4 novembre 2020

Les séquelles laissées par une grossesse

La grossesse peut laisser des séquelles esthétiques et une intervention de chirurgie réparatrice peut être alors indiquée à distance de l’accouchement.

chirurgie réparatrice et esthétique avant ou après la grossesse

Physiologiquement, les femmes réagissent toutes différemment après une grossesse. Certaines parviennent à retrouver leur corps d’avant, d’autres non. Pour ces dernières, les suites les plus courantes sont :

  • une prise de poids localisée et indélogeable (amas graisseux récalcitrants),
  • des seins vidés et tombants,
  • une peau flétrie et vergéturée au niveau du ventre et des muscles abdominaux distendus.

Les femmes peuvent, évidemment, ne souffrir que d’une seule de ces disgrâces. Mais après avoir vécu 9 mois d’une douce attente et avoir connu l’émerveillement de mettre au monde un enfant, on peut avoir un réveil amer en considérant l’état de son corps après cette merveilleuse mais usante expérience.

Quel délai après l’accouchement ?

Idéalement, il faudrait patienter une bonne année après l’accouchement avant d’envisager une opération de chirurgie esthétique. Ce temps est nécessaire pour que le corps se remette progressivement de cette longue aventure qu’a été la grossesse. La patiente devrait retrouver un poids le plus proche de son poids normal avant une opération. De plus, les tissus ont besoin de quelques mois après l’accouchement pour se rétracter suffisamment.

A noter, certaines disgrâces se remettent spontanément dans l’ordre avec le temps et la rééducation, et il serait alors dommage de précipiter une intervention.

Lorsque persiste une gêne esthétique ou fonctionnelle, une intervention qu’elle soit à visée esthétique ou réparatrice peut être alors envisagée.

Une opération : avant ou après avoir eu un enfant ?

Idéalement, il est conseillé d’avoir achevé son désir d’enfanter (si ce désir est imminent) avant d’avoir recours à la chirurgie. Une grossesse est physiologiquement possible après une intervention et peut bien entendu être menée tout à fait normalement, mais les changements de la silhouette induits par la grossesse pourraient entraver les résultats de l’opération.

La chirurgie esthétique pour les graisses localisées

Suite à une ou plusieurs grossesses, il peut être difficile de se débarrasser d’un embonpoint localisé sur une zone type de la silhouette. Il peut s’agir d’un amas graisseux situé au niveau du ventre, des hanches ou au niveau de la culotte de cheval, que ni un régime, ni la pratique d’activités physiques ne parviennent à éliminer. Si la peau est restée tonique, avec un bon potentiel de rétractation, une liposuccion suffit en général à faire retrouver à la patiente une silhouette harmonieuse.

Dans les cas où la peau est de mauvaise qualité, la liposuccion seule ne pourra suffire et devra être associée à une dermolipectomie.

Le tablier de grossesse et le remodelage du ventre

Corriger un ventre distendu

Dans les cas de ventres distendus, avec une peau flasque et de mauvaise qualité, il peut être envisagé une dermolipectomie abdominale (également appelée plastie abdominale ou abdominoplastie). Il s’agit d’effectuer une sorte de lifting du ventre. Cette intervention est souvent associée à un resserrement des muscles abdominaux : c’est le traitement du diastasis.

Traiter les vergetures

Les vergetures sont des cassures dermiques et sont indélébiles tout comme les cicatrices. Lorsque ces vergetures sont situées sous le nombril (ce qui est fréquent après un accouchement) l’indication chirurgicale est de les ôter par une plastie abdominale.

On peut limiter (mais pas éviter) leur apparition par une prévention précoce, dès le début de la grossesse, en limitant la prise de poids et par une hydratation régulière.

Chirurgie réparatrice abdominale réalisée un an après l'accouchement

Correction de séquelles esthétiques (amas graisseux et vergetures) par une chirurgie réparatrice abdominale réalisée un an après accouchement

La chirurgie esthétique des seins après la grossesse

Les variations de poids, la grossesse et l’allaitement peuvent fatiguer les seins et leur donner parfois un aspect vidé, une allure tombante.

Nous possédons aujourd’hui différentes techniques de plasties mammaires pour faire retrouver à des seins un galbe esthétique, et toute leur jeunesse naturelle.

Il est important de préciser que toute plastie mammaire, quelle qu’elle soit, ne doit pouvoir être envisagée qu’après la fin de l’allaitement.

Corriger une poitrine tombante

Les seins tombants peuvent être corrigés par une plastie mammaire de correction de ptôse.

A noter, la correction de l’affaissement des seins est souvent associée à une augmentation mammaire modérée. Il s’agit de la plastie mammaire la plus fréquemment réalisée suite à une grossesse. Lorsque le sein a un volume suffisant, il n’est pas nécessaire de poser des prothèses mammaires, et seule une plastie de correction de ptôse suffit alors à faire retrouver à la patiente une belle poitrine.

Intervention réparatrice pour ptose après grossesse et allaitement

Résultat d’une intervention réparatrice pour ptose mammaire (chute de la poitrine) avec asymétrie faisant suite à une grossesse avec un long allaitement

Modifier le volume de seins

Les seins « vidés » par la grossesse retrouvent leur arrondi naturel grâce à la pose d’implants mammaires.

Les seins à volume excessif peuvent bénéficier d’une plastie de réduction mammaire associée ou non à une cure de ptôse mammaire. La réduction mammaire est prise en charge par la sécurité sociale, dès lors qu’un retrait d’au moins 300 grammes par sein est effectué.

Réduction mammaire après une grossesse et un allaitement (passage d’un bonnet E à un bonnet C)

Résultat d’une réduction mammaire après une grossesse et un allaitement, diminuant et remontant la poitrine (passage d’un bonnet E à un bonnet C)

 

Résultat d’une augmentation mammaire par implants après une grossesse et un allaitement

Résultat d’une augmentation mammaire par implants, après une grossesse et un allaitement qui a “vidé” la poitrine (passage d’un bonnet A à un bonnet C)

Qu’en est-il d’un allaitement ultérieur suite à une plastie mammaire ?

La mise en place de prothèses mammaires lors d’une augmentation mammaire ne gêne en rien un allaitement futur.

En revanche, une correction de ptôse mammaire importante avant un allaitement (section des canaux galactophores), ou une réduction mammaire conséquente (suppression de volume de la glande mammaire), risquent de diminuer les chances d’allaiter. Ces interventions induisent une perturbation voire, dans certains cas, une impossibilité d’allaiter par la suite.

 

Voir aussi les pages principales sur :

< l’intervention d’abdominoplastie
< l’intervention de correction de ptôse mammaire
< l’intervention d’augmentation mammaire
< l’intervention de réduction mammaire

Références :

  • La Fiche de la SOFCPRE sur la Chirurgie plastique et esthétique de la paroi abdominale
  • La Fiche ISAPS sur la plastie abdominale: isaps.org
  • La fiche d’information de la Société Française de Chirurgie Plastique et Esthétique sur la plastie d’augmentation mammaire par prothèses: Fiche
  • Fiche de la Société France de Chirurgie Plastique, Réparatrice et Esthétique sur la plastie mammaire de réduction: Fiche