Gynécomastie : le traitement à adopter

Auteur : Dr David Picovski. Dernière mise à jour et vérification scientifique le 14/09/2020.

Gynécomastie

Les différents types de gynécomastie

Qu’est-ce que la gynécomastie ?

La gynécomastie est un développement exagéré des glandes mammaires chez l’homme. Elle peut être unilatérale (elle affecte 1 sein) ou bilatérale (elle affecte les 2 seins). Une accumulation de graisse localisée peut également exister.

Il y a ainsi 3 types de gynécomastie :

  • la gynécomastie vraie avec hypertrophie de la glande mammaire ;
  • la gynécomastie mixte dans laquelle l’hypertrophie mammaire est associée à un surplus graisseux localisé ;
  • la pseudo-gynécomastie ou l’adipomastie qui est à prédominance graisseuse (pas ou peu de composante glandulaire).

Il faut également noter que la gynécomastie n’est pas toujours définitive, certaines formes accompagnent les âges de la vie et régressent spontanément chez les bébés et les adolescents.

Sans gravité, la gynécomastie est néanmoins difficile à vivre pour les hommes adultes qui en sont atteints.

Un examen clinique et des analyses permettent d’en déterminer le type et les causes et d’envisager le traitement adéquat. Lorsqu’une cause de gynécomastie vraie est trouvée, le traitement repose sur celui de la cause, un traitement médicamenteux adaptée peut alors être entrepris. Dans les autres cas, seul un traitement chirurgical permet d’offrir un résultat probant et définitif.

La musculation apporte-t-elle une solution efficace face à la gynécomastie ?

Non, dans tous les cas, la musculation n’est pas une solution car elle ne concerne que la zone sous jacente, le muscle pectoral. Des mesures hygiéno-diététiques avec un amaigrissement peuvent avoir une certaine amélioration sur une adipomastie, en diminuant la masse graisseuse, mais n’a aucune action sur la glande…

Les gynécomasties transitoires (ne nécessitant pas de traitement)

La gynécomastie naturelle selon les âges

Il est important de connaître les « gynécomasties physiologiques » qui sont naturelles et qui le plus souvent régressent spontanément :

  • la gynécomastie du nouveau-né, transitoire provoquée par les hormones maternelles ;
  • la gynécomastie de l’adolescent due au déséquilibre temporaire du rapport œstrogène/testostérone ;
  • la gynécomastie chez l’homme âgé liée à la diminution des androgènes.

La gynécomastie médicamenteuse (iatrogène)

Il existe des gynécomasties dites “iatrogènes” qui sont consécutives à une prise de médicaments qui provoquent des désordres hormonaux : en particulier les médicaments hyperprolactinémiants très utilisés comme les neuroleptiques et certains diurétiques comme la spironolactone. Dans ce cas, il faut en premier lieu, arrêter la prise du médicament en cause. Si le traitement ne peut être arrêté, il doit être modifié dans la mesure du possible.

Un contrôle biologique de la disparition du désordre hormonal après l’arrêt est toujours réalisé (on s’assure notamment de la normalisation du taux de l’hormone prolactine).

Les autres types de gynécomasties peuvent être traitées par médicament ou chirurgie selon les cas.

Les traitements médicaux et chirurgicaux de la gynécomastie

Les cas traités par prise de médicaments

Lorsque le bilan hormonal permet de déceler une cause, le traitement médical repose sur le traitement de celle-ci par un endocrinologue.

D’autres causes dites « organiques » comme les cancers du testicule, bronchique, des glandes surrénales et les tumeurs bénignes comme l’adénome hypophysaire à prolactine++ demandent un traitement spécifique

Pour le cas particulier de l’adénome hypophysaire à prolactine, un simple traitement médical notamment par la bromocriptine (Parlodel®) permet une diminution de l’hyperprolactinémie en quelques jours et diminue le volume de l’adénome de 80% les 3 premiers mois (normalisation du taux de prolactine en moins d’un an chez 90% des patients). Ce traitement peut entraîner une réduction significative de l’hypertrophie des seins.

D’autres molécules, telles que le Tamoxifène et le Danazol peuvent être proposées dans certains cas par les endocrinologues.

A noter, le cas de l’hyperthyroïdie doit être recherchée et traitée le cas échéant.

Dans certains cas de gynécomasties glandulaires idiopathiques c’est-à-dire sans cause retrouvée, un traitement médical simple sous la forme d’une crème ou d’un gel à base d’androgène à appliquer sur la poitrine (250 mg/j de Dihydrotestostérone) peut être tenté pour espérer une réduction du volume de la poitrine. Toutefois, son efficacité reste le plus souvent modérée.

Les gynécomasties traitées par chirurgie

Lorsque la gynécomastie est idiopathique (aucune cause n’est retrouvée), cas le plus fréquent, ou seulement après échec du traitement médical, la chirurgie esthétique reste la meilleure solution pour supprimer définitivement les tissus en excès. Il existe alors plusieurs cas de figure.

La pseudo-gynécomastie : l’adipomastie

Lorsque la gynécomastie est provoquée par une surcharge graisseuse, il s’agit d’une pseudo-gynécomastie appelée également adipomastie. Dans ce cas, l’hypertrophie mammaire n’est pas due à un développement glandulaire. Aucune cause hormonale n’est possible et le traitement repose, outre un régime en cas de surpoids, sur une lipoaspiration de la poitrine. Le chirurgien esthétique ôte l’excès d’amas graisseux localisé dans la poitrine de l’homme à l’aide de micro canules (4 millimètres), introduites grâce à de très fines incisions. Tout reliquat glandulaire doit être obligatoirement retiré dans le même temps pour que le traitement soit complet et définitif.

Avant-après : chirurgie d’une adipomastie

Résultat avant après d'un traitement chirurgical d'adipomastie bilatérale

Résultat avant après d’un traitement chirurgical d’adipomastie bilatérale

Plus la peau est de bonne qualité et rétractile, plus le résultat est satisfaisant.

La gynécomastie dite vraie : la mastectomie chez l’homme

Lorsque la gynécomastie est d’origine glandulaire, la glande mammaire masculine ne peut être traitée par une lipoaspiration. En effet, compte tenu de sa dureté, elle ne peut être enlevé par un abord direct.

Le chirurgien esthétique doit procéder à un examen attentif de la qualité cutanée.

Lorsque la peau est suffisamment élastique, l’exérèse de la glande mammaire s’effectue par une courte incision en demi-cercle sur la périphérie de l’aréole.

Les cicatrices sont de ce fait très discrètes et s’atténuent naturellement.

Dans de rares cas, lorsque le chirurgien plasticien observe un excès important de peau accompagné d’un manque d’élasticité, le retrait cutané (et de la glande) se pratique par des incisions horizontales (en plus de celle au pourtour de l’aréole) dont la longueur diffère selon l’importance de l’excès de peau à ôter.

Un pansement modelant est mis en place et permet l’atténuation des oedèmes et bleus.

Avant-après : opération d’une gynécomastie bilatérale

Résultat précoce d'un traitement chirurgical d'une gynécomastie bilatérale

Résultat précoce d’un traitement chirurgical d’une gynécomastie bilatérale par cicatrice aréolaire

Un chirurgien qualifié doit procéder à une correction équilibrée : une correction excessive mènerait à un aspect inesthétique et dépressif de la région aréolaire. La maîtrise chirurgicale permet une correction équilibrée avec un résultat naturel et esthétique. Les résultats sont appréciés quelques mois après l’opération.

La gynécomastie mixte : liposuccion et mastectomie

La gynécomastie mixte est traitée par une ablation de la glande mammaire doublée d’une liposuccion localisée afin d’obtenir un résultat complet et définitif.

Avant-après : opération d’une gynécomastie mixte

Résultat avant-après d'une opération traitant une gynécomastie mixte (glandulaire et graisseuse)

Résultat avant-après d’une opération traitant une gynécomastie mixte par lipoaspiration et retrait glandulaire par cicatrice aréolaire (une lipoaspiration de l’abdomen et des poignées d’amour a été réalisée dans le même temps)

Intérêt de la chirurgie esthétique pour la gynécomastie

La chirurgie esthétique offre un résultat définitif quel que soit le type de gynécomastie, tant que les 2 composantes (glandulaire et graisseuse) sont convenablement traitées.

Les suites de l’intervention sont en général peu douloureuses et les cicatrices (lorsqu’elles sont au pourtour de l’aréole) sont invisibles après cicatrisation complète.

Le sport peut être repris après quelques semaines.

Le prix de l’opération est précisé par devis lors de la consultation. Pour certains cas, une prise en charge de la Sécurité Sociale est possible.

Retour à l’intervention de la correction de gynécomastie

Références :

  • Fiche synthétique sur la gynécomastie de medg.fr
  • Réduction de la poitrine masculine par isaps.org

Galerie Photo

6 questions-réponses sur "Gynécomastie : le traitement à adopter"

  • Michel dit :

    Bonsoir, donc d’après les documents, il existerait des solutions pour certaines gynécomasties (sans opérations je parle). Etant adolescent, et ayant ce problème depuis 4/5 ans, je recherche une solution pour ce problème
    bien désagréable. J’ai déjà été voir des médecins, ils m’ont dit que ça passerait au bout de quelques années mais bon…
    J’aimerais savoir aussi svp le coût d’une opération comme celle-ci. Merci pour cet article qui m’en a fait apprendre un peu plus sur le sujet. Cordialement.

    • Dr Picovski dit :

      Bonjour. Je vous conseillerais d’attendre au moins l’âge de 17 ans car les choses peuvent encore s’améliorer. En attendant vous pouvez appliquer localement un gel (andractim) qui pourrait vous aider en évitant, pour l’heure, toute intervention. Vous pouvez pour cela consulter un endocrinologue. Cordialement.

  • Pseudo dit :

    J’ai une gynécomastie causée par un syndrome arachnoidal qui a provoqué une sécrétion excessive de PRL.
    la PRL est normalisée par dostinex, mais la gynécomastie ne veut pas disparaitre. Est-ce un cas de chirurgie?

    • Dr Picovski dit :

      Bonjour, Bien sûr, même si en effet la normalisation de la prolactine et malgré un temps d’attente suffisant (plusieurs mois), la gynécomastie ne s’est pas spontanément améliorée, il s’agit d’une indication à une correction chirurgicale.
      Cette intervention n’est aucunement une nécessité mais dépend de votre gêne. Cordialement

  • pacman dit :

    Comment réduire la taille de ma poitrine sans chirurgie ?

    • Dr Picovski dit :

      Bonjour. Il s’agit d’une bonne question. Malheureusement à part la perte de poids pour agir sur la composante graisseuse de l’hypertrophie mammaire, il n’y a pas de technique non chirurgicale à l’heure actuelle. Retenez que votre gynécologue peut agir sur les variations de volume avant les règles (syndrome pré menstruel) à l’aide d’un traitement par pilule. Cordialement